L’état de droit en marche arrière.

La ligue des droits de l’homme participera à la manifestation à l’appel de Patriotti samedi à Bastia. Près de vingt ans après leur condamnation dans le cadre de l’assassinat du préfet Erignac, des personnes se voient toujours refuser leur rapprochement à la prison de Borgo ou l’accès à une libération sous condition. Cinq ans après le désengagement du FLNC de la violence politique, des personnes sont enregistrées au fichier d’infractions terroristes et leur liberté de circuler est placée sous contrôle judiciaire. D’autres, parfois les mêmes, doivent payer des amendes exorbitantes au titre des dommages causés à l’Etat à la suite d’attentats. Il faut que cesse cette répression hors du temps.

La LDH manifestera aussi pour dénoncer les propos présidentiels affirmant une responsabilité collective dans l’assassinat du préfet Erignac. De tels propos tournent le dos au principe d’une responsabilisation individuelle qui est le fondement de la justice dans une démocratie. L’affirmation présidentielle qui compte pour quantité négligeable les dizaines de milliers de Corses qui ont protesté contre cet assassinat ravive inutilement des malentendus entre la Corse et la République.

Ce samedi à Bastia, la LDH affirmera également son attachement à la liberté fondamentale de manifester comme c’est le cas un peu partout en France pour dénoncer la loi anticasseur du gouvernement. Ce droit est une conquête des citoyens et non pas une tolérance plus ou moins accordée par l’Etat selon les circonstances, notamment lorsque celui-ci s’affirme comme l’unique détenteur de la décision au détriment de cette autre exigence démocratique, le dialogue social ou politique.

La LDH appelle à manifester celles et ceux qui attaché-e-s aux libertés n’acceptent pas leur recul. »

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